Lorsque le chantier est terminé et que la tranchée est refermée, un plan précis des ouvrages souterrains posés doit être remis au maître d’ouvrage, aussi bien pour les réseaux d’eaux usées que pour les réseaux d’eau potable. Ce, alors que plus rien n’est visible depuis la surface. C’est ce qu’on appelle le plan de récolement.

Depuis un an, SOCOVATP a investi dans un nouveau système de réalisation de ces plans de récolement par photogrammétrie. Explications avec Cyrille Dillet, conducteur de travaux.

Comment procédait-on pour la réalisation des plans de récolement avant la photogrammétrie ?

Cyrille Dillet : « Il y a encore un an, ces plans étaient réalisés sur la base de relevés effectués sur le terrain par le géomètre SOCOVATP à l’aide d’une canne GPS, complétés éventuellement d’informations données par le chef de chantier. Le tout était ensuite retransmis sur le logiciel Autocad afin de réaliser le plan de récolement. »

 

Quel est le niveau d’exigence en matière de plans de récolement ?

Cyrille Dillet : « Pour chaque chantier, la trajectoire du réseau et chaque accessoire (coude, vanne, té, branchement, regard…) doivent être référencés et localisés à 10 cm près en planimétrie comme en altimétrie. Pour atteindre cette précision, le géomètre devait se rendre quasiment tous les jours sur le terrain pour relever au GPS, fouille ouverte, la position des ouvrages posés. Cela demandait beaucoup de déplacements. »

En quoi consiste cette nouvelle technique : la photogrammétrie ?

Cyrille Dillet : « Avec la photogrammétrie, les chefs de chantier disposent d’une caméra qui leur permet de photographier en mode rafale (1 photo/2secondes) les ouvrages posés, avant de remblayer la tranchée. Ils positionnent la caméra au bout d’une canne de 3 mètres de haut et survolent la zone de travaux, tranchée ouverte. L’utilisation est très simple et rapide : un aller-retour suffit. Ils répètent cette opération tout au long du chantier. À la fin des travaux, le géomètre positionne des cibles amovibles le long de la tranchée refermée, passent la caméra et relève chaque cible avec la canne GPS. De retour au bureau, les images et les données (en cours et en fin de chantier) sont alors corrélées et retranscrites sur le logiciel CLOUD2MAP. Nous obtenons ainsi un visuel réel des canalisations et des pièces posées, à partir duquel le plan de récolement est établi via Autocad conformément aux exigences imposées. Nous disposons d’ailleurs de la certification en géoréférencement d’ouvrages. »

 

Quel retour d’expérience, après un an d’utilisation ?

Cyrille Dillet : « La photogrammétrie nous permet d’optimiser notre organisation : c’est tout d’abord un gain de temps important pour le géomètre, qui ne se déplace plus qu’une seule fois sur le chantier. Il est ainsi plus disponible pour l’implantation des projets et la fourniture de plans d’exécution ou de récolement. Et moins de déplacements, c’est aussi moins de risques routiers ! En parallèle nos chefs de chantier développent leurs compétences, et le temps d’attente sur les chantiers est réduit, avec une autonomie de levée pour les équipes. Nos plans de récolement ont aussi gagné en qualité grâce à une précision supérieure : la photogrammétrie nous permet également d’éviter les oublis ou les erreurs humaines. En conclusion, la photogrammétrie contribue à renforcer notre performance sur les chantiers. »